Sauvons les petits producteurs de jouets en bois du Jura!

Vendredi dernier, j’étais dans le Jura. Objectif: remplir la hotte de Noël de Little Bohème, de jouets en bois fabriqués par des petits artisans jurassiens (car c’est là, bien sûr,  que l’on trouve la crème des jouets en bois). Les quelques jouets de ma boutique en ligne (cubes et perles en bois dans sacs personnalisés) représentent facilement 1/3 de mes ventes alors que le choix est très limité. Ça serait donc une bonne chose d’avoir une offre de jouets un peu plus étoffée pour Noël. Disons que c’est un test: j’ajoute à ma boutique un petit corner ‘jouets du Jura’.

Me voilà donc partie vendredi dernier avec ma carte, mon GPS, mon pique-nique et quelques RDV chez des artisans. C’était une journée ultra glauque, à base de ciel bas, de pluie et de froid de canard. J’avais prévu d’aller faire un tour au fameux Musée du jouet de Moirans (ville qui accueille également le siège de Vilac), mais mille sabords! celui-ci était fermé pour cause de rénovation. A mon avis, il vaudra le détour à sa réouverture en Juillet 2012. Ils font vraiment des rénovations de derrière les fagots! Akslannetienne, je file à ma quête des plus beaux jouets en bois de la région!

En plus de trouver de très très jolis produits, j’ai vraiment pris le temps de discuter avec les artisans et ai découvert avec effroi que mes interlocuteurs étaient ‘une espèce’  en voie de disparition. J’étais donc d’autant plus heureuse de les rencontrer et de recueillir leurs témoignages.

Qui sont donc les prédateurs qui exterminent nos petits bijoux d’artisans? Car ce sont des bijoux d’artisans, des passionnés! Ils travaillent sans compter leurs heures dans la sciure de bois et le bruit assourdissant des machines pour en sortir des petites merveilles que l’on retrouvera au pied du sapin dans quelques semaines. Mais voilà, dans les pays de l’Est et encore plus loin en Asie d’autres ouvriers travaillent (sûrement dans des conditions plus difficiles) et sortent des produits à des prix imbattables mais de qualité incomparable.

L’autre prédateur, qui, combiné au premier va précipiter nos artisans dans l’oubli, sont les normes jouets. Alors, oui, là je suis d’accord, il faut des normes: ne pas utiliser des peintures contenant du plomb ou des phtalates; idem pour les vernis; s’assurer que les petites pièces des jouets ne se détachent pas et que l’étiquetage annonce la limite d’âge et les dangers potentiels. Oui, oui et encore oui! Mais voyez-vous, quand un des artisans m’explique en me montrant une petite hélice en bois à actionner en frottant les mains l’une sur l’autre, qu’il lui a fallu 6 mois pour obtenir l’autorisation de la commercialiser et qu’il doit étiqueter ‘A partir de 7 ans, à utiliser en présence d’un adulte, à x mètres de toute présence blablabla’ alors que franchement je ne vois pas quels dangers peuvent y être associés, on comprend qu’ils perdent le moral! Il ne faut pas pousser quand même. En, gros, le fond du problème, c’est qu’on impose à nos petits artisans des contrôles, des normes ultra-exigeantes et qu’ils sont en concurrence avec des produits qui ne sont pas soumis à ces normes et qui déboulent quand même sur le marché français (un tout autre problème à creuser).

Bref, voilà ce que j’ai vu: des artisans passionnés et talentueux, des entreprises qui n’arrivent pas à se plier à des normes ultra-exigeantes, aucun repreneurs en vue, l’extinction pointe.

Revenons-en à ma petite sélection de Noël. Je ne suis pas rentrée chez moi vendredi le coffre vide! La sélection de Noël n’attend plus que d’être photographiée et mise en ligne. Vous serez bien sûr informés dès qu’elle sera dispo sur la boutique!

 

Tags: , , , ,

3 Responses to “Sauvons les petits producteurs de jouets en bois du Jura!”

  1. polipock dit :

    j’ai trop hâte de voir tout ça!!!!! on a bien envie de les aider, tes producteurs, mais comment?

  2. Et bien oui, comment? zat is ze kwechton! Ce qui leur manque vachement c’est une force commerciale. Ils font tous la prod + l’admin + le commercial ( qui est rarement leur fort). Ils n’ont pour la plupart pas de catalogue à proprement parler. Ils ne font aucun démarchage, n’ont souvent même pas de vitrine sur Internet… Je ne vois pas trop comment leur biz peut se développer dans ces conditions. Enfin c’est ma vision très business du truc justement. Et si ça ne se développe pas, ils auront du mal à tenir le coup.
    Après… je ne sais pas. Renforcer les contrôles aux frontières pour que ce soient des produits aux normes qui viennent sur le marché et pas des merdouilles à 3 francs 6 sous. Un syndicat des tourneurs un peu plus dynamique et moins politisé (tout un chapitre à écrire là-dessus aussi…). Franchement il y a de quoi faire un Envoyé Spécial sur le sujet!

  3. polipock dit :

    bon ben t’as plus qu’à trouver un journaliste ;)

Leave a Reply